Une pédagogie moderne
Les origines du projet remontent au mois de juin 1985. C'est à cette époque, qu'un groupe de familles liégeoises rencontre l'Echevin de l'Instruction publique de la Ville de Liège pour lui faire part de son désir de participer à la création d'une école fondamentale alternative fondée sur des méthodes actives. En effet, par rapport à des régions comme Bruxelles ou le Brabant wallon, la région liégeoise n'offrait, à cette époque, aucune institution scolaire complète pratiquant une pédagogie "moderne". La demande recevant un écho favorable, un comité d'accompagnement voit le jour ; il est composé de l'Échevin et de responsables de son Cabinet, de membres de l'inspection et bien sûr de représentants des parents demandeurs. C'est à ce comité que revient la responsabilité de déterminer le lieu d'implantation de la future école, son projet éducatif cadre mais aussi les modalités de recrutement du personnel enseignant et ceci en accord avec les partenaires sociaux.
Le volontariat : la clé de la réussite Le projet éducatif cadre était déjà très imprégné de la philosophie de l'instituteur français Célestin FREINET quand il fut fait appel à des enseignants volontaires pour concrétiser le projet. Ce volontariat comportait trois obligations : faire partie de l'enseignement communal liégeois, rentrer un curriculum attestant d'un engagement dans la rénovation par des pratiques quotidiennes dans sa classe et accepter une interview réalisée par les trois composantes du comité d'accompagnement. A noter que cet appel au volontariat est resté inchangé aujourd'hui si on excepte l'ajout de l'obligation de suivre une formation aux pédagogies dites nouvelles dans le cadre des cours de promotion sociale de la Ville de Liège.
Les pionniers Les deux premières années, c'est la mise en route. Quatre enseignantes maternelles et six enseignants primaires, dont un directeur, Roger Charlier, poseront les jalons d'une école moderne à Liège dès l'année scolaire 1985-1986. Soutenue par le pouvoir organisateur, l'Éducation populaire, l'Union des Villes et Communes et différentes personnes ressources ayant en eux une longue réflexion sur les pédagogies nouvelles, la Communauté Éducative consacra une grande partie de l'énergie de ses deux premières années d'existence à l'élaboration d'un projet éducatif cohérent et rencontrant au mieux les différentes visions idéologiques que compte forcément un groupe humain déjà important. Le "solde énergétique" des enseignants fut utilisé à la mise en place et à la maîtrise des techniques Freinet, à l'actualisation de celles-ci, à leur adaptation aux circonstances locales mais aussi à expérimenter l'apport de recherches pédagogiques plus récentes, pour autant, bien sûr, qu'elles servent le projet éducatif commun. A titre d'exemple, l'organisation de l'école en quatre cycles ne se réalisa qu'au cours de l'année 86-87. Travailler ensemble, abattre les cloisons mentales et physiques qui séparent les titulaires et les classes, voilà un défi qui ne fut pas simple à relever. Mais le fait d'y être parvenu, nous permet, dans une grosse école urbaine, de faire connaître aux enfants les avantages d'une verticalité qui s'imposait dans les écoles rurales de Freinet, de ses contemporains et de beaucoup d'autres par la suite. Quant au "solde énergétique" des parents pionniers, il fut consacré à l'aménagement des locaux, à l'apport en matériel de toutes sortes et à la recherche de moyens financiers destinés à alimenter la dynamique du projet. Un peu de recul par rapport à ce passé me permet d'ailleurs de vous dire que, dans cette "école active", toutes les collaborations précitées "de parents actifs" sont la condition sine qua non pour la survie d'un tel projet.
Une progression galopante En 1989, c'est le choc émotionnel... Nous sommes victimes de notre succès : trop d'enfants au jardin d'enfants, trop peu de locaux, il faut essaimer dans un autre quartier de la ville et reconstituer une seconde implantation fondamentale d'abord, une seconde école ensuite. En effet, l'opération eut lieu en deux temps. Durant l'année scolaire 89-90, une grande partie de l'équipe enseignante de base installa l'implantation du Laveu et ce n'est qu'en septembre 90 que celle-ci devint autonome sous l'appellation "Groupe scolaire Arnould Clausse – Laveu" et Monsieur Jules Lacroix reprenait alors la direction de Naniot.
Développement du projet.
Tout au long de ces treize années et parallèlement aux intentions éducatives admises par la communauté, la responsabilité des enseignants fut de développer un projet pédagogique qui rencontre ces intentions généreuses et ceci sans trahir les principes philosophiques de base de Freinet. Sur fond d'un projet de société démocratique, "Célestin" voulut développer la citoyenneté de ses élèves dans une école publique (ouverte à tous), laïque (respectueuse des convictions de chacun et n'imposant aucun dogme), moderne (évoluant avec son temps, actualisant perpétuellement ses pratiques et ses techniques). Les maîtres mots techniques étant le tâtonnement expérimental, l'individualisation (et non l'individualisme), la coopération et les apprentissages naturels (nous dirons aujourd'hui aussi, dans notre établissement, fonctionnels). " ... ce qui différencie la pédagogie de cette école de la pédagogie traditionnelle, c'est que l'enfant est ACTEUR par opposition à RÉCEPTEUR ... vous savez que dans l'école traditionnelle, les élèves sont souvent amenés à ingurgiter des tas de matières qu'ils régurgitent ensuite à l'occasion d'une interrogation ou d'un examen ... et qu'ils s'empressent d'ailleurs d'oublier… » (Arnould Clausse, parrain de notre établissement)
Pendant 13 ans, les enfants ont poursuivi leur scolarité dans l'enseignement secondaire classique … sans problème … même, s'ils ont parfois regretté de ne plus toujours être très acteurs. En septembre 98, une école secondaire moderne a ouvert ses portes au Lycée de Waha. Une nouvelle implantation fondamentale du groupe scolaire Arnould Clausse a vu le jour au premier septembre 1999 à Belleflamme (Grivegnée) sur la rive droite de la Meuse. Madame Anita Ruiz Romero en est la directrice. Lors de l’année scolaire 2004-2005, l’école compte 17 classes et une directrice : Madame Myriam Wilkin. La population scolaire compte environ 200 enfants dans le primaire et 130 dans le maternel.
|